Les sportifs, qu'ils soient amateurs ou professionnels, sont fréquemment exposés à des
risques de blessures, notamment au niveau du coude. Ces pathologies, résultant souvent de mouvements répétitifs ou de traumatismes directs, peuvent impacter significativement la performance et nécessitent une prise en charge adaptée. Cet article vise à explorer les principales pathologies du coude rencontrées chez les sportifs, leurs symptômes, causes, et les options de traitement disponibles.
Définition
L'épicondylite, communément appelée "tennis elbow" pour la forme latérale se caractérise par une douleur au niveau de l’épicondyle latérale, points d'attache des tendons épicondyliens latéraux. Bien qu'observée chez le sportif, cette pathologie touche toute la population.
Causes et facteurs de risque
Il s’agit, en réalité, de lésions tendineuses dégénératives en lien avec une sollicitation excessive et répétitive des muscles extenseurs conduisant à des micro-lésions ou des macro-lésions tendineuses. Le tendon lésé est celui du court extenseur radial du carpe.
Symptômes
Les douleurs peuvent être quotidiennes et handicapantes. Elles sont localisées sur l’épicondylite latérale et majorées lors de certaines manœuvres spécifiques. Il faut rechercher des signes en faveur d’une compression du nerf radial au coude, des signes d’atteinte huméro-radiale et des signes d’instabilités postéro-latérales associés.
Examens complémentaires
Les radiographies du coude sont le plus souvent normales mais peuvent mettre en évidence des calcifications au niveau de l’épicondylite latérale témoignant de lésions tendineuses. L’échographie et l’IRM ont pour objectif de confirmer le diagnostic et de rechercher une fissure tendineuse. L’IRM permet également d’apprécier, avec plus de précisions, l’état des structures ligamentaires latérales et de l’interligne articulaire huméro-radiale.
Traitement
Le traitement de l'épicondylite latérale est le plus souvent conservateur comportant rééducation et infiltration de PRP. Les infiltrations de corticoïdes sont efficaces à court terme mais ont tendance à majorer les douleurs par la suite. En conséquence, les corticoïdes sont à proscrire.
En cas d'échec du traitement médical bien conduit pendant 6 mois, il peut être envisagé un traitement chirurgical consistant en un débridement et allongement des épicondyliens latéraux à ciel ouvert ou de manière mini-invasive sous arthroscopie. Le taux de succès de la chirurgie est de l’ordre de 70 à 80%.
Définition et symptômes
L'épicondylite, communément appelée "golfer's elbow" pour la médiale, se caractérise par une douleur au niveau de l’épicondyle médiale, points d'attache des tendons épicondyliens médiaux du coude (tendons fléchisseurs et pronateurs). Cette douleur est exacerbée par certains mouvements de la main et du poignet.
Causes et facteurs de risque
Ces pathologies résultent généralement d'une sollicitation excessive et répétitive des muscles fléchisseurs du poignet, conduisant à des micro-lésions tendineuses.
Symptômes
Les douleurs peuvent être quotidiennes et handicapantes. Elles sont localisées sur l’épicondylite médiale et majorées lors de certaines manœuvres spécifiques. Il faut rechercher des signes en faveur d’une compression du ulnaire au coude associés.
Examen complémentaires
Les radiographies du coude sont le plus souvent normales mais peuvent mettre en évidence des calcifications au niveau de l’épicondylite médiale témoignant de lésions tendineuses. L’échographie et l’IRM ont pour objectif de confirmer le diagnostic et de rechercher une fissure tendineuse.
Une irritation ou une compression du nerf ulnaire peut être associée à une épicondylite médiale, occasionnant des troubles de sensibilité et douleurs irradiant sur les 2 derniers doigts de la main. Un
électromyogramme pourra également être demandé.
Traitement
Le traitement de l'épicondylite médiale est le plus souvent conservateur comportant rééducation et infiltration. En cas d'échec du traitement médical bien conduit pendant 6 mois, il peut être envisagé un traitement chirurgical consistant en un débridement et allongement des épicondyliens médiaux.
Définition
La rupture du biceps brachial au coude est une déchirure ou désinsertion du tendon du muscle biceps au niveau de son insertion sur le radius. Le rôle du biceps brachial est la flexion du coude et surtout la supination de l’avant bras.
Causes et facteurs de risque
La rupture survient le plus souvent de manière brutale ou lors d’un geste anodin lorsque le tendon est déjà le siège de lésions dégénératives.
Symptômes
Les symptômes incluent une douleur brutale avec apparition d’un oedème et hématome aggravée à la face antérieure du coude. Les douleurs sont exacerbées par la flexion ou la supination de l’avant bras. Le plus souvent le tendon se rétracte avec l’apparition d’un signe de “Popeye” caractéristique.
Examens complémentaires
L'imagerie a pour objectif de confirmer le diagnostic. L'échographie met en évidence la rupture dans la majorité des cas mais l’IRM (incidence de FABS) est le meilleur examen pour voir la rupture et apprécier sa rétraction.
Traitement
La prise en charge est le plus souvent chirurgicale. L’intervention doit se faire au mieux dans les 15 jours suivant la rupture. Au-delà, la réinsertion du tendon devient difficile en raison de la rétraction tendineuse et musculaire.
Cette réinsertion se fait par une petite incision au niveau du coude et à l’aide d’un système d’ancrage sur la tubérosité radiale (endobouton ou ancres).
Une immobilisation post opératoire est nécessaire pendant 3 semaines. La rééducation est le plus souvent débutée immédiatement après l’intervention. La reprise des activités sportives est autorisée à partir du 3ème mois post-opératoire.
En l’absence de traitement, on observe une perte de force en flexion et en supination à hauteur de 50% et des douleurs chroniques.
Définition
La rupture du triceps brachial est une pathologie traumatique rare, correspondant à une désinsertion partielle ou complète du tendon du triceps au niveau de son insertion sur l’olécrane. Le rôle du triceps est l’extension du coude.
Causes et facteurs de risque
La rupture survient lors d’un mouvement d’extension contrariée ou lors d’un traumatisme du coude le plus souvent chez des patients pratiquant la musculation à haute intensité. La prise de stéroïdes est un facteur de risque important de rupture.
Symptômes
Les symptômes sont typiques responsables d’une douleur brutale avec apparition d’un déficit de l’extension du coude.
Examens complémentaires
Des radiographies standard peuvent mettre un évidence une avulsion osseuse de la pointe de l’olécrane témoignant de la rupture tendineuse. Une échographie ou une IRM confirment le diagnostic et permettent d’évaluer l’étendue de la lésion.
Traitement
Le traitement est presque toujours chirurgical, à l'exception des patients âgés à faible demande fonctionnelle.
Le but du traitement est de réinsérer le tendon du triceps à l’aide d’un système d’ancrage sur l’olécrane. Une immobilisation par attelle à 30° de flexion est prescrite pour une durée de 3 semaines et la rééducation est débutée à la suite du délai d’immobilisation. La reprise des activités sportives est autorisée à partir de 3 à 6 mois.
Définition
La luxation du coude se produit lorsque l'extrémité distale de l’humérus se désolidarise de la tête radiale et de l’olécrane.
Causes et facteurs de risque
Généralement, la luxation est causée par une chute sur un bras tendu ou un impact direct sur le coude.
Symptômes
Une luxation du coude engendre une impotence fonctionnelle majeure, une douleur intense, un gonflement et une déformation caractéristique du coude.
Examens complémentaires
Une radiographie suffit à faire le diagnostic et à mettre en évidence des fractures associées. Un scanner peut être nécessaire pour faire un bilan plus précis. On parle de “triade malheureuse” ou “terrible triade” lorsque s’associe une luxation, une fracture de la tête radiale et une fracture du processus coronoïde. Ce type de lésion est toujours d’indication chirurgicale.
Traitement
La réduction immédiate de la luxation par un professionnel de santé est cruciale sous anesthésie afin d’évaluer la stabilité du coude. En cas de coude instable ou chez un patient à haute demande fonctionnelle, une réparation chirurgicale ligamentaire peut être proposée. Enfin, en cas de “triade malheureuse”, la chirurgie est indispensable pour stabiliser le coude. Une rééducation prolongée est ensuite nécessaire pour restaurer la mobilité et la force.
Définition et symptômes
L’instabilité chronique du coude est caractérisée par une sensation de laxité ou de dérobement du coude. Cette pathologie est souvent le résultat d'un traumatisme antérieur ayant endommagé les structures ligamentaires du coude, conduisant à une stabilité réduite. Il existe deux formes d’instabilités :
Causes et facteurs de risque
Elles font souvent suite à des lésions ligamentaires séquellaires d’une luxation du coude, mais peuvent également survenir après des traumatismes répétitifs (notamment lors de la pratique de sport de lancer comme le baseball).
L’instabilité chronique du coude se développe à partir du moment où le complexe ligamentaire médiale et/ou latérales sont lésés. Cela suppose des contraintes tendant à éloigner leurs points d’insertion sur l’ulna et l’humérus. Sur le versant médial, le ligament collatéral médial est mis en tension par des contraintes en valgus mais aussi en pronation forcée. Sur le versant latéral, le ligament collatéral latéral est mis en tension par des contraintes en varus, mais aussi supination forcé
Symptômes
L’instabilité en valgus occasionne des douleurs sur le versant médial du coude avec parfois une sensation de ressaut ou de dérobement. 3 tests orientent le diagnostic : le Valgus Test, le Milking test et le Moving Milking Test.
L’instabilité postéro latérale occasionne des douleurs sur le versant latéral du coude avec parfois une sensation de ressaut ou de dérobement. 2 tests orientent le diagnostic : Le Pivot Shift Test et le Push Up test.
Examens complémentaires
Des radiographies standards voire dynamiques peuvent mettre en évidence une instabilité du versant médiale ou latérale mais c’est surtout l’IRM qui confirme le diagnostic.
Traitement
En cas d’instabilité modérée et de faible demande fonctionnelle, le traitement médical conservateur par rééducation et renforcement musculaire peut donner de bons résultats.
Autrement, le traitement est chirurgical consistant en une reconstruction ligamentaire par greffe tendineuse (tendon du long palmaire, triceps brachial, semi tendineux, …).
Une immobilisation post-opératoire est nécessaire avec rééducation immédiate. La reprise des activités sportives sans contraintes est autorisée à partir du 6ème mois.
La prévention des pathologies du coude chez les sportifs passe par une technique appropriée lors de la pratique sportive, un échauffement adéquat, et un renforcement musculaire ciblé. Il est également crucial d'écouter son corps et de ne pas ignorer les douleurs qui peuvent signaler le début d'une pathologie.
Les pathologies du coude du sportif, bien que souvent traitables, nécessitent une attention particulière pour éviter les complications à long terme. Une prise en charge rapide et adaptée, combinée à une approche préventive, permet aux sportifs de continuer à pratiquer leur discipline dans les meilleures conditions. En tant que chirurgien spécialisé dans la
chirurgie de la main, du poignet, du coude et de l'épaule, l'accompagnement de ces sportifs vers une récupération optimale est au cœur de la mission du Dr Charles Bijon.
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